Lisez cet appel, il est évocateur !!!
Pour ma part, il est clair qu'il faut savoir ce que l'on veut, il n'y a pas à tergiverser :
Soit la continuité ou pire alors c'est la droite qui passe ; Soit le changement et l'espérance d'un monde meilleur, alors c'est la gauche.
A bientôt, Alain
NOUVELOBS.COM | 28.02.2007 | 18:32
Le Nouvel Observateur publie, dans son numéro daté jeudi 1er mars, un texte signé par plus de 150
intellectuels qui appellent à voter pour Ségolène Royal, "contre une droite d'arrogance", pour "une
gauche d'espérance".
Le texte de l'appel
"Le 22 avril, il sera trop tard. Trop tard pour déplorer notre dispersion. Trop tard pour regretter notre
inaction. Trop tard pour s'apercevoir que l'élection présidentielle s'est faite sans nous, malgré nous.
Nous refusons cette défaite trop souvent annoncée. Nous n'admettons pas que l'on vote à notre place.
Nous n'acceptons pas que des sondages fabriquent une élection. Et nous ne tomberons pas dans le piège
tendu par cette droite qui domine ou influence la plupart de nos grands médias. Car tout est fait, dans cette
campagne, pour démobiliser la gauche et désespérer ses électeurs. Rien n'est épargné à Ségolène Royal.
Ses déclarations comme ses silences, son entourage comme son compagnon, sa simplicité comme sa
franchise, sa féminité comme sa fermeté : tout est prétexte en face à caricature et à moquerie. Tout est bon
pour alimenter le mépris social et le dédain sexiste.
Qu'elle prenne le temps d'écouter les Français, et on la soupçonne de n'avoir rien à dire. Qu'elle annonce
longuement son pacte présidentiel, et la question du chiffrage vient opportunément occulter le détail de
ses engagements. Qu'elle-même ou son entourage soient victimes de procédés de basse police, et on
préfère retenir l'air de la calomnie plutôt que de s'alarmer pour la démocratie. Qu'elle assume son identité
de socialiste, et on lui reproche de se plier à un appareil. Qu'elle revendique sa part de liberté, et on
l'accuse de se méfier de sa famille. Qu'elle réussisse un meeting électoral ou une émission télévisée, et on
lui oppose immédiatement des enquêtes d'opinion aussi fluctuantes qu'incertaines.
Nous ne nous laisserons pas intimider. Dès le premier tour, nous voterons pour Ségolène Royal et nous
appelons à faire de même, à le faire savoir et à faire campagne. Car nous voulons que, cette fois, la
gauche gagne. Nous parions sur cette gauche plus exigeante avec elle-même et plus à l'écoute des siens,
qui a appris de ses échecs, de ses illusions et de ses divisions, une gauche ambitieuse et audacieuse. Et
nous savons que ce n'est pas n'importe quelle droite qui risque de l'emporter.
Jamais candidat de droite n'aura à ce point symbolisé la régression sociale. Nicolas Sarkozy est, tout à la
fois, le candidat du pouvoir financier, du pouvoir personnel et du désordre mondial. Soutenu par la
nouvelle aristocratie financière, il incarne la soumission de la politique à l'argent. Favorable à un
renforcement des pouvoirs présidentiels, il incarne la tentation du césarisme contre l'approfondissement
de la démocratie. Engagé aux côtés de l'actuelle administration américaine, il incarne le risque des
aventures impériales, du choc des cultures et de l'affrontement des peuples. C'est le candidat de la peur.
Des peurs qu'il exploite - celles de l'avenir, du monde, de l'étranger, des jeunes - mais aussi des peurs
qu'il inspire en convoquant l'imaginaire de l'homme fort, du chef vindicatif et exalté, épris du pouvoir et
de lui-même.
Contre ce danger, Ségolène Royal est la candidate de l'espérance. Elle l'a fait naître en défendant une
démocratie participative où les citoyens sont reconnus experts de leurs problèmes. Une espérance à la fois
sociale et écologique, éthique et démocratique, française et européenne, ne sacrifiant pas les conditions de
vie et de travail à la modernisation économique. L'espérance d'une république nouvelle, rompant avec un
présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant. L'espérance d'une démocratie qui ne se
réduirait plus à un pouvoir personnel, avec ses courtisaneries, ses impunités et ses privilèges. L'espérance
d'une France enfin réconciliée avec son peuple, ses quartiers, ses travailleurs et sa jeunesse dans sa
diversité.
Mais l'indifférence peut tuer l'espérance. Depuis 2002, nous sommes prévenus, et nous n'avons plus
d'excuse. Nous savons que cette élection sera ce que nous en ferons. Il n?est plus temps de se faire plaisir,
en perdant de vue l'enjeu décisif. Nous affirmons qu'il n'est de soutien entier que critique, de loyauté que
lucide, de solidarité qu'indépendante, et nous resterons fidèles à cet engagement. Nous disons aussi que le
second tour se joue dès le premier tour.
Cette élection n'est pas ordinaire et elle engage, à travers le sort de la France, un peu de l'avenir du monde. C'est pourquoi, contre une droite d'arrogance, nous appelons à choisir, dès le 22 avril, une gauche d'espérance, en votant Ségolène Royal."


Ségolène Royal a signé mardi matin à Clichy-sous-Bois le "contrat social et citoyen" proposé aux candidats à la présidentielle par le collectif AC le feu, créée dans la foulée des violences urbaines de 2005.
Ségolène Royal était l'invitée ce matin sur France Inter.