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Dimanche 27 mai 2007

Dimanche 27 Mai 2007

 


Lors d'un point presse à la Rochelle, Ségolène Royal, venue soutenir des candidats du Parti socialiste et du PRG aux élections législatives, a lancé samedi un appel à la mobilisation pour les élections législatives aux 17 millions d'électeurs qui ont voté pour elle au second tour du scrutin présidentiel.

"Je veux lancer ici à La Rochelle, dans ma région, un message de mobilisation aux électeurs. Il faut que les 17 millions d'électeurs qui m'ont donné leur voix viennent voter".

"Il est important que ce mouvement de fond qui s'est lancé aux présidentielles, cette énergie, cet enthousiasme se transforment aux législatives", a-t-elle dit. "Quelque chose s'est déclenché qui ne doit pas s'arrêter".

Ségolène Royal voit dans ces échéances "un enjeu démocratique majeur pour que tous les pouvoirs ne soient pas dans les mêmes mains".

Les mensonges du nouveau Président de la République

Ségolène Royal a aussi dénoncé les "mensonges" de Nicolas Sarkozy depuis 10 jours.

"Il y a eu des mensonges tenus par Nicolas Sarkozy". "Sur ces quelques semaines seulement il va pouvoir faire illusion, sauf qu'au vu de la gestion des premiers dossiers on voit que les promesses ne correspondent à rien et ont été faites, pour un certain nombre d'entre elles, uniquement pour gagner des voix".

"Le moment de vérité arrivera pour Nicolas Sarkozy" parce que "les gens vont se rendre compte qu'ils ont été floués petit à petit par un certain nombre de propositions qui sont intenables".

"Un certain nombre de gens se sont faits avoir lorsqu'ils imaginaient que du jour au lendemain ils allaient pouvoir obtenir des déductions d'intérêts sur les emprunts immobiliers".

Parmi ces Français "floués", elle a évoqué les personnes âgées qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en raison de la promesse d'allégement sur les droits de succession alors que dans "75% des cas il n'y a aucun droit perçu" ou "ceux qui ont acquis leur résidence principale il y a quelques mois et qui pensaient pouvoir bénéficier de déductions de leurs intérêts d'emprunts".

"C'est la même chose pour le service minimum". Après avoir pris contact avec les organisations syndicales le président Nicolas Sarkozy a été contraint de constater "qu'une réforme comme celle-ci aussi brutalement qu'il l'avait promise est impossible".

Les promesses déjà non tenues incluent la candidature de la Turquie à l'Union européenne. Nicolas Sarkozy a fait "une promesse qu'il savait intenable", c'est que "dès son élection il interromprait les négociations avec la Turquie". "A peine son voyage à Bruxelles s'est-il passé qu'il a été aussi obligé de reculer, il n'a aucun pouvoir pour arrêter du jour au lendemain les négociations au long cours et qui ont engagé dans la quinzaine d'années qui sont devant nous la parole de la France".

 

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Dimanche 27 mai 2007

... Tu nous manquais tellement ... Te revoilà, nous sommes avec toi ... Nous sommes prêts ...

Amitiés, Alain

 

Grand meeting 

29 mai à partir de 18h30

au Zénith de Paris 

(Métro 5 sortie Porte de Pantin)

avec Ségolène ROYAL,
François HOLLANDE, Bertrand DELANOE, Laurent FABIUS, et Dominique STRAUSS-KAHN.

En présence de tous les candidat(e)s aux élections législatives de la région Ile-de-France.

 

 

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Jeudi 24 mai 2007

Beaucoup ont dû croire aux "valeurs socialistes" de Nicolas Sarkozy ... A bientôt, Alain 

Bienvenue, dans la France d'après !

 


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Mercredi 23 mai 2007

... "Confiction" cinématographique ...



Le moment médiatique qui s'est ouvert après le 2e tour est rude pour les nerfs. Ca tape sur le système. Bien sûr, on connaissait déjà puisqu'il suffisait de mettre la télé ces 5 dernières années pour assister à l'affligeant spectacle de commentateurs invertébrés faire leurs gammes sarkozystes, mais il y a eu la parenthèse relative de la campagne. Eh bien c'est reparti et ça ne risque pas de s'arrêter. Ca agaçe pas mal. La tentation est forte de tout envoyer ballader, plutôt que de tenir un blog en apnée en prenant une bouffée périodique d'info non-frelatée le mercredi. Se casser comme disait Yannick.

Je vais l'avouer, c'est plus souvent la télé que j'ai eu envie de casser, du coup j'en ai plus. Le problème, c'est que ça atteint la radio, même france culture. C'est l'extension du domaine de la pensée TF1 qu'on constate avec un mélange de rage et de dépit. Par exemple en écoutant "l'esprit public" ce dimanche (on y reviendra). Et puis en lisant Joffrin dans libé, censé porter un vague esprit critique, mais qui chante "jolie alouette" devant le miroir tendu par nicolas. La télé, la radio, les journaux, 53% des français qui avalisent, les sondages bidon qui complètent la célébration. On se dit "mieux vaut entendre ça que d'être sourd", mais à force on se demande.

Au quotidien, dans les conversations, on a l'impression de vivre dans une réalité projetée, on est en décalage parce qu'on est pas "rentré dedans", dans une interprétation. En fait voilà: c'est le festival de cinéma qui a commencé. Les acteurs, sur le tapis rouge, n'ont besoin que de paraître, quoi qu'il fassent, il sera crié au génie, chaque facétie sera applaudie, tout cabotinage fera se pâmer les spectateurs. Monter les marches, c'est gravir l'Everest. Un sourire et le public communie. Quelques autographes et même les plus rétifs sont conquis, qui viennent poser sur la photo.

Lors de la projection du film, j'avais pourtant cru à un gag tellement le scénario était téléphoné, les acteurs qui en font trop, la déco factice, le doublage guignolesque, le sous-titrage appuyé. Mais non, à la sortie on m'a expliqué que c'était une superbe et très réaliste fresque héroïque. Un peu à la Robert Hossein quand même. Les gens sont sortis de là comme illuminés, portés par la foi qu'ils ont dans leur surhomme, dans une sorte de béate sidération. Pour eux, ça baigne... dans le jus sarkozyste. Confits dans la fiction. C'est la confiction, tiens.

Alors pour éviter ça: le canard évidemment, comme on disait précédemment. Pas le confit. Celui qui a été perquisitionné. Pour résumer l'affaire on ne fera que le citer: "Ne pas protéger les sources, c'est, à coup sûr, les tarir". L'histoire du fax de l'avocat de sarko est sans intérêt. Pour s'en convaincre il faut lire le canard, en fait il faudrait que tout le monde lise le canard, c'est une question d'hygiène. Sans le canard, s'informer devient un acte de foie gras. C'est se faire gaver par le dircab de sarkozy qui est parti entretenir l'élevage de cerveaux disponibles, à la tête de TF1.

Par exemple, la glose à propos du non-vote de Cecilia. Dans le brouhaha sur le caractère privé ou pas (en fait les registres sont publics et donc le non-vote aussi), on a fait une curieuse impasse sur un rappel pourtant utile. Les lecteurs du canard savent que Espérandieu, qui a passé l'article a la trappe, doit son maintien à la tête du JDD à sarkozy, lequel ne souhaitait pas que son emprise mediatique soit trop voyante. "Espé" a même bénéficié d'une entrevue place beauvau. Lagardère a reçu un coup de fil de sarko qui voulait s'assurer de ce maintien. Alors peut-être que Espérandieu est de bonne foi, mais pourquoi ne pas donner toutes les informations, même celles qui ne vont pas dans le "bon" sens? Est-ce que vraiment le directeur du JDD est en situation de déplaire à celui à qui il doit son poste? Tout cela se sait dans les diverses rédactions mais entre collègues il semble qu'on soit... comment dire... charitable.

Autre exemple avant d'en finir: Tout le monde a appris que sarko a rejoint le yacht de bolloré en prenant l'avion de bolloré, ou plutôt du groupe bolloré. Mais tous ceux qui en ont parlé n'ont pas utilisé les mêmes mots pour le commenter. Il y en a qui se sont félicité de cette "absence de complexes". Mais il n'y a que dans le canard qu'on a utilisé les mots que tout le monde avait sous le nez: "abus de bien social". Ben oui, l'avion, il appartient au groupe bolloré, pas à monsieur bolloré, il est pas fait pour les amis, mais pour les affaires. A moins que nicolas soit considéré comme une relation d'affaires?

Dernier détail: quelqu'un a-t-il vu qu'on s'intéressât au mystérieux soubressauts du patrimoine de nico? Pas plus. Pourtant c'est mieux quand c'est clair non?

 
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Mercredi 23 mai 2007


Cher Bernard...

Salut l'aventurier ! De conseiller de « la princesse », te voilà paladin du roi avec l'approbation des Français, électorat de Ségolène compris. Chapeau ! Pour servir la France, aucun remords à servir celui dont « les dérives de campagne , historiquement dangereuses » te faisaient tressaillir. Dont acte. Après tout, pourquoi pas ? Retournons dès lors la morale de l'histoire : tu deviens notre cheval de Troie en haut lieu pour continuer à travailler au changement de la politique comme des politiques, débuté en 1968, et faire comprendre à la droite que la solidarité envers les opprimés et les sans-droits est un devoir, non une idéologie réfutable en vertu de l'identité nationale ou de la « raison d'Etat ». Prenons la Turquie. Je te vois parfaitement lancer ce que tu as appelé des « états généraux » pour rapprocher intellectuels, syndicalistes, patrons, associations de femmes, de Kurdes et d'Arméniens, laïques et croyants de ton pays et de celui tant décrié par ton nouveau patron. Grâce à ton impulsion, peut-être concédera-t-il au formidable prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk, et à la veuve du journaliste arménien assassiné, Hrant Dink, un casse-croûte à l'Elysée pour entendre leur plaidoyer en faveur de la liberté et de la démocratie qu'ils aperçoivent dans la perspective européenne ? Osera-t-il finalement écouter le Bernard de notre livre, « Quand tu seras président... », écrivant : « Il faudrait être fou pour éconduire le seul grand pays musulman qui a séparé la religion de l'Etat » ( 1 ) ? Si jamais, sous les pavés de l'immigration choisie, l'Elysée découvrait la détresse des Africains crevant en Méditerranée, je suis sûr que tu sauras mobiliser les gloires de la flotte nationale pour sauver ces boat people. Reprendre aussi le flambeau de notre copain Verts, ancien ministre des Affaires étrangères allemand, Joschka Fischer, que tu trouvais « admirable au Moyen-Orient il aurait pu tout changer, mais s'est arrêté en chemin » . Endosse ton habit de pèlerin et fais comprendre aux Palestiniens que la paix dans un Etat digne de ce nom passe par la reconnaissance du droit d'exister et la sécurité pour Israël. Explique aux Israéliens qu'un peuple terrorisé et sans espoir est incapable de bonnes décisions. Quand un mur censé protéger devient le symbole de l'humiliation quotidienne, il finit par ne plus protéger personne. Rapproche Israéliens et Palestiniens, et personne ne regrettera ta folle aventure sarkozyenne. A toi l'initiative d'une conférence sur l'eau engageant les pays de la région sur un projet d'avenir concret. Tu assénais : « Notre génération , qui se disait révolutionnaire , a tellement menti par idéologie , sectarisme, goût du pouvoir qu'elle s'est détournée de la politique » ; mais aussi : « Ne pas employer le mot vérité - la vérité , c'est que la vérité varie - mais celui de véracité : la volonté de ne pas tromper » ( 2 ). Bien dit Bernard ! Et j'ai confiance en toi pour ne pas jouer au « Si j'avais su, j'aurais pas venu » du P'tit Gibus. Tu continues de choisir l'aventure et le risque. Nous, tes copains, serons vigilants pour que tu n'y perdes pas ton âme. L'Europe a besoin de politiques aux « arguments sans frontières ». Je te renvoie donc humblement à nos 26 propositions pour changer l'Europe dont celle sur la méthode de gouvernement et la réinvention du débat : « Chaque réforme prend l'allure d'une révolution dérisoire , grèves , manifestations de rue et charges de police, un ton de guerre civile pour un changement d'indice . Nous ne pouvons continuer ainsi à évoluer . Le gouvernement de la République ne trouvera une autorité qu'en installant un dialogue permanent à chaque étage de la société » ( 3 ). Cela sonne comme si c'était du Ségolène, mais c'est de toi. Ce n'est donc qu'un début ! Continuons le débat. Et pourquoi pas, comme par le passé, ensemble dans des meetings de candidats PS ou Verts aux législatives ? Une démocratie saine requiert une opposition forte. Après tout, tu restes de gauche, non ?

( 1 ) « Quand tu seras président ... », D. Cohn-Bendit et B. Kouchner, Robert Laffont, p. 176. ( 2 ) Id. pp. 99 et 110. ( 3 ) Id. p. 372.

 

Daniel Cohn-Bendit
Le Nouvel Observateu


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