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Dimanche 3 juin 2007

Ce n'est maintenant un secret pour personne, la Droite au pouvoir veut instaurer une franchise sur les soins. Les contours de cette proposition de loi sont encore assez flous, mais l'on peut dès à présent s'interroger sur le bien fondé d'une telle mesure et les risques induits.

De quoi s'agit-il? Tout d'abord, il y a tromperie sémantique. En effet, une franchise se définit comme "une exemption de paiement d'impôts, de taxes". Or, c'est bien du contraire dont il s'agit en l'espèce! Nicolas Sarkozy propose un nouvel impôt sur les soins, une nouvelle taxe sur les actes médicaux. Il s'agit ici, en effet, d'instaurer quatre "franchises" annuelles sur les consultations chez les médecins, les médicaments, les analyses biologiques et l'hôpital. Le nouveau président veut créer un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l'assurance maladie ne rembourserai pas. Franchise qui, pour mieux jouer son rôle de dissuasion de la consommation, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires, au moins dans un premier temps.

Le principe d'un montant forfaitaire non remboursé par la Sécurité Sociale a été instauré par la loi du 30 juillet 2004. L'objectif du projet (présenté en Conseil des Ministres un mois et demi plus tôt seulement et adopté dans l'urgence et sans véritable débat par le Parlement !) était de dégager quinze milliards d'euros d'économies et de ressources nouvelles pour parvenir à l'équilibre financier en 2007 (10 milliards d'économies et 5 milliards de ressources supplémentaires). Cette loi prévoyait notamment, outre l'instauration d'une franchise médicale de 1 euro par acte médicale donc, la mise en place d'un dossier médical personnel et du médecin traitant ; la création d'une Haute autorité de santé chargée de se prononcer sur l'efficacité thérapeutique des produits, des actes et des protocoles de soins ; des mesures de financement de l'assurance maladie  appuyées notamment sur la CSG... L'idée d'une franchise n'est donc pas nouvelle.

Mais c'est aujourd'hui un effort supplémentaire considérable qui est demandé aux citoyens! C'est tout notre système de santé qui est remis en cause. Les entorses à l'égalité de tous devant le droit à soigner sont déjà légion : refus de soins pour les patients bénéficiant de la  Couverture Médicale Universelle (voir par exemple ici un rapport au Premier Ministre) ; dépassements d'honoraires à répétition ; etc... Mais la droite propose aujourd'hui de légaliser cette inégalité en gravant dans le marbre une médecine à deux vitesses.  Certes, notre système de santé est fortement déficitaire, mais une franchise fondée sur un principe cher à la droite de responsabilisation et de transfert du déficit sur les bénéficiaires est injuste, dangereux et inefficace.

Cette mesure va totalement à l'encontre de la philosophie de la CMU mise en place par un gouvernement de Gauche. L'objectif majeur de cette réforme était de garantir un égal accès aux soins. Instaurée par la loi du 27 juillet 1999, "ce nouveau dispositif était destiné à assurer l'exercice relatif du droit de se soigner et à autoriser l'accès de tous à la même médecine, en permettant à chacun de bénéficier de la protection d'un régime de sécurité sociale et en faisant disparaître les obstacles qui conduisent de nombreux assurés à renoncer à se faire soigner ou à retarder leurs soins" (Rapport 2001-12). Ainsi, le caractère universel de l'assurance maladie est affirmé par le jeu d'une simple condition de résidence régulière sur le territoire français pendant trois mois, c'est la CMU de base. La grande motivation de la CMU était de fournir une complémentaire santé aux 10% de français qui n'en bénéficiaient pas pour des raisons financières.

N'oublions pas que les français sont déjà en situation de forte inégalité face à la santé ! Par exemple, environ sept années séparaient l'espérance de vie à 35 ans d'un homme cadre ou occupant une profession intellectuelle supérieure de celle d'un ouvrier (voir L'Etat des lieux des inégalités sociales de santé en France ou l'Observatoire des inégalités).

Que peut-on alors reprocher à ces nouvelles franchises? C'est une régression sociale, dans la mesure ou une franchise identique pèse différemment selon les revenus. Dix, cinquante ou cent euros peut être un montant dérisoire pour les plus aisés quand une telle somme est un frein pour les plus pauvres. C'est donc une menace sur l'accès aux soins des plus modestes. C'est aussi une menace sur l'accès aux soins primaires et la santé publique. Cette mesure vise en effet principalement les "petits et moyens consommateurs" qui vont avoir tendance à réduire les consultations de prévention ou les soins pour les maladies apparemment moins sévères. C'est ensuite une remise en cause du tiers payant, dans la mesure ou les praticiens ne pourront pas savoir si la franchise est dépassée ou nom. L'avance de frais nécessaire peut alors être une véritable incitation à ne pas se soigner (voir le site www.appelcontrelafranchise.org). Il existe également un risque de détournement des classes plus aisées vis-à-vis des régimes de base, et donc une baisse des cotisations perçues entrainant in fine un démantèlement de l'assurance-maladie, socle de la cohésion sociale en France.

Il faut donc réaffirmer avec force les principes fondateurs de l'assurance maladie : l'égalité dans l'accès aux soins, la solidarité et l'accès à des soins de qualité (voir ici). Comme l'affirmait le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie en 2004 : "En définitive ce qui est en jeu aujourd'hui n'est rien d'autre que de trouver un chemin de "développement durable" pour notre système de solidarité. Le développement durable n'est pas, on le sait, le refus de la croissance - en l'espèce, de la croissance des dépenses de santé -, mais le refus d'une croissance dépourvue de sens, qui dilapide ses ressources et se détruit elle-même". Cette recherche ne doit pas être une remise en cause de notre pacte social, même si les problèmes sont aujourd'hui importants : déséquilibre financier, inefficacité des plans de redressements et des outils de maîtrise jusqu'à présent mis en place. La Gauche, dans la campagne législative en cours, réaffirme avec force sa conception du système de santé : priorité à l'hôpital public, préparation de l'avenir à travers un plan ambitieux en matière de recherche et développement, lutte contre les dépassements d'honoraires et le refus des soins aux bénéficiaires de la CMU, développement d'un plan de prévention des maladies graves, assurance d'un service de santé de proximité. Elle devra aussi proposer des réformes défendant ces valeurs dans un souci d'équilibre financier afin d'être force de proposition. La dénonciation n'en sera que plus efficace.  

 

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Dimanche 3 juin 2007
anti_bug_fckBonne lecture ... Voilà une analyse intéressante ... A bientôt, amitiés à toutes et tous, Alain

La politique du pitre, parce que Nicolas Sarkozy a su décrédibiliser la fonction présidentielle les secondes, les minutes, les heures et les jours suivant son élection à la magistrature suprême : Fouquet’s, boîte de nuît réservée, jet et yacht privés d’un ami milliardaire, séjour sur les plages maltaises durant les commémorations traditionnelles du 8 mai 1945, joggings matinaux devant les caméras et de supposés « paparazzi », gourmette en or, lunette Ray-Ban, chaîne et montre rutilantes, démarche grossière lors de la passation de pouvoir, présentation quasi outrancière de sa famille à l’entrée du palais de l’Elysée déclassé de lieu symbole de l’exercice du pouvoir à simple résidence personnelle, élocution saccadée, etc. En regardant sa télévision, on pouvait s’étonner de constater qu’un monsieur si peu respectueux, et du protocole, et des institutions, puisse jouer le premier rôle. Il faut bien avouer que les De Gaulle, Mitterrand, voire même Chirac dans une moindre mesure, nous avaient habitués à « mieux ». Maintenant, nous sommes plutôt à l'ère de la bouffonnerie ...

Quoi qu’il en soit, on constate que la fonction ne suppose plus une culture personnelle au-dessus de la moyenne, ni un sens de l’Etat manifeste. Il est de notoriété que ces qualités ne sont pas celles de monsieur Sarkozy. Ce dernier nous opposerait sa proximité avec le peuple, son refus de l’intellectualisme « bien-pensant » et souvent « de gauche ». Nous lui opposerons ses proximités manifestes avec les milieux financiers, médiatiques et les faiseurs d’opinion, que jamais aucun avant lui n’avait connu, ni à droite ni à gauche.

Peut-être parce qu’avant cette « droite décomplexée », que monsieur Sarkozy a su imposer d’abord à l’UMP (au grand dam de Jacques Chirac) puis à la France, les chefs de l’Etat considéraient comme antirépublicaines de telles proximités banalisées. Comment, en effet, considérer démocratique un régime qui contrôlerait l’ensemble médiatique et qui entretiendrait des relations ambiguës et intéressées avec les plus grands groupes financiers et industriels, au détriment du peuple ? S’il est vrai que la France n’a jamais condamné concrètement ce que l’on appelle les « républiques bananières », elle a désormais adopté de façon discrète et propre un modèle très similaire.

Il y a un certain risque à écrire à découvert de telles critiques pourtant bien dérisoires tant elles sont désormais établies. Un président de la République est le représentant du peuple de France et mérite le respect qu’impose son élection au suffrage universel. Certes, mais la démocratie nous donne le droit, à nous citoyens, d’émettre nos critiques librement dans la mesure où elles ne divulguent pas l’intimité de la vie privée ou n’ont pas de caractère raciste ou xénophobe. Qui plus est, la campagne électorale n’ayant pas été des plus démocratiques du point de vue de son traitement médiatique, il serait « un peu gros » de venir maintenant condamner la moindre critique formulée à l’égard de son vainqueur.

Pourtant, la crainte est persistante. Le citoyen non anonyme, de la même façon que le journaliste public n’osait guère s’en prendre à Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur puis candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, ose encore moins s’en prendre, même complaisamment, à Nicolas Sarkozy président de la République (on peut craindre qu’il en soit de même pour les juges confrontés à un avocat du cabinet qui porte toujours son nom au mépris de toute éthique).

Une habileté politique exceptionnelle

Soyons honnêtes : Monsieur Nicolas Sarkozy est un homme politique extrêmement habile. Il a organisé à la perfection son accession au pouvoir suprême.

Depuis 2002, il s’est imposé dans le paysage médiatique, à user de ses relations et les a entretenues intelligemment. Jamais il n’est apparu en état de faiblesse, jamais il n’a laissé son incompétence technique (pourtant manifeste) le surprendre ou le dévoiler.

Politiquement, il a su ensuite se montrer indispensable à la droite et a imposé la ligne idéologique « décomplexée » d’un parti qu’il a obligé à l’élire président.

Président du parti majoritaire, l’échec au référendum sur le traité constitutionnel européen lui permit de revenir au gouvernement. Un échec qui pour certains aurait été préparé : alors que Jacques Chirac avait choisi la date du référendum - le 8 mai, jour symbole car commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale - à laquelle tous les sondages donnaient encore le « Oui » gagnant, Nicolas Sarkozy - selon certaines sources - proposa une date ultérieure - le 29 mai - finalement retenue par le président en exercice qui avait un intérêt commun avec son successeur : faire « exploser » le Parti socialiste. Entre le 8 et le 29, le « Non » avait pu convaincre une majorité des Français, l’Europe politique était repoussée, le gouvernement était défait, le retour du président de l’UMP assuré.

Durant ces cinq dernières années, monsieur Sarkozy a su « éclater », par une individualisation massive, toujours plus la société française. S’adressant toujours à « chacun » et non à « tous », divisant les chômeurs contre les « travailleurs », les « assistés » contre les « bosseurs », les Français de souche contre les immigrés (supposés ne venir que d’Afrique), les « soixante-huitards » et les « fauteurs de troubles » contre la « majorité silencieuse », les « intellectuels bien-pensants » contre les citoyens du concret, « les Français qui se lèvent tôt » contre ceux qui se « lèvent tard », etc.

Bref, chaque citoyen pouvait aisément se retrouver dans ces propos et acquiescer avec la plus grande ferveur. Il est toujours plus facile de remettre la faute sur un autre que se remettre personnellement en question. C’est pourquoi même un Français percevant des allocations abusivement (donc, condamné tant par la gauche que par la droite) pouvait voter et appeler à voter « Nicolas Sarkozy ». Car il lui était dès lors aisé de trouver un bouc émissaire : « c’est la faute à ces immigrés qui font venir femmes et enfants et qui perçoivent toutes nos aides pour pratiquer leur intégrisme et détruire nos traditions ». Cette pensée proprement raciste et écœurante illustrée par ce genre de propos n’a jamais été combattue par Nicolas Sarkozy qui bien au contraire la développait à l’extrême. La peur de l’autre et son accusation perpétuelle : voilà la clé d’une réussite électorale facile. Le président de la République l’avait parfaitement saisie et, avouons-le, l’avait usée de la meilleure (pire) des manières (rappelons-nous du « mouton égorgé dans la baignoire » sur TF1).

Cette ligne stratégique a un effet néfaste : elle divise profondément et suscite tant l’adoration que la haine. Pour la première fois dans l’histoire de la Cinquième République, l’élection d’un président a suscité de très violents heurts dès l’annonce des résultats. Si 53% des Français ont voté pour M. Sarkozy, 47% ont voté contre, avec un sentiment très prononcé de crainte et de répulsion à l’encontre du candidat UMP.

Pendant trois nuits consécutives, des rassemblements s’opposant à Nicolas Sarkozy et à la politique qu’il représente, encadrés par d’importants dispositifs policiers, se soldèrent partout en France par des affrontements et des incidents. Entre le 6 et le 8 mai, 841 personnes furent interpellées sur l’ensemble du territoire. La justice fut alors appelée à punir ce qui était présenté comme un « déni de démocratie ». Les comparutions immédiates se multiplièrent. De nombreuses peines de prison ferme tombèrent comme autant de coups de matraque souvent dans les conditions d’une justice pour le moins « expéditive ».

Selon Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature, « aujourd’hui, une atteinte à un officier de police, qu’il s’agisse même d’outrage ou de rébellion, est considéré comme un fait extrêmement grave et donne lieu à des poursuites ». A Paris, Romain, sans antécédents judiciaires, écopa de quatre mois ferme pour « tentative de violence volontaire ». Un haut magistrat considère « scandaleuse » cette disproportion flagrante entre les délits et les peines.

Selon le syndicat de la magistrature, les procureurs généraux donnèrent des consignes orales aux parquets. « Il s’agit de favoriser la procédure de comparution immédiate et de requérir des peines sévères », toujours d’après Emmanuelle Perreux. « Ces consignes ont été suivies ». Le gouvernement Jospin avait supprimé les instructions aux parquets par le Garde des Sceaux et les procureurs généraux en matière d’action publique. La loi Perben II du 9 mars 2004 les a rétablies. Emmanuelle Perreux relève d’ailleurs une intervention de plus en plus présente des procureurs généraux, et « une subordination hiérarchique directe ». Cette subordination est facilitée par le statut même des magistrats du parquet, qui sont placés sous la direction et le contrôle de leurs supérieurs hiérarchiques et sous l’autorité du Garde des Sceaux. Ils peuvent être mutés et révoqués contre leur gré, contrairement aux magistrats du siège qui, eux, sont inamovibles.

Bref, on peut craindre sérieusement que l’Etat ne reconnaisse plus la contestation politique comme légitime. Rappelons que les mouvements contestataires sont beaucoup moins durs et violents qu’avant - la perception d’une violence accrue est une illusion d’optique. Mais la répression, elle, est nettement plus dure. Cette répression judiciaire bafoue certains principes élémentaires de la justice pour de nombreux avocats et magistrats. La détention provisoire, considérée comme « exceptionnelle » dans le code de procédure pénale, est ainsi généralisée. La défense dispose de peu de temps pour s’organiser. Les inculpés sont présentés à la chaîne devant les juges.

Tout cela, cependant, n’a que peu d’importance pour monsieur Sarkozy qui ne retient que l’effet positif de sa stratégie - son élection - et qui pense suffisamment contrôler l’état de l’opinion française. Il est certain que ses relations privilégiées avec l’ensemble des médias et des sondeurs qui ne connaissent plus aucune indépendance l’y aident concrètement.

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy ne s’arrête pas pour autant dans sa conquête du pouvoir. Alors qu’il est l’homme le plus important de France, il lui faut toutefois une majorité absolue pour être en mesure de diriger comme il l’entend le pays. La stratégie qu’il emploie est là encore extrêmement habile, voire franchement « diabolique ».

En flattant les ego, en usant de quelques « dossiers » et « affaires », en jouant de son pragmatisme, il a su mettre en lumière certaines personnalités de gauche à ses côtés. Bien sûr, ne laissant rien au hasard, ces nouveaux membres de son gouvernement d’ « ouverture » sont strictement surveillés par des proches et voient leurs champs de compétence concrète sérieusement entamés. Mais qu’importe, la lumière médiatique ne porte pas sur ces détails mais bien sur les nouvelles « têtes d’affiches » de cette « ouverture à gauche ».

C’est un excellent stratagème que de faire croire en une certaine cohabitation telle que celle pratiquée en Allemagne. Monsieur Sarkozy se souvient du succès rencontré par François Bayrou lorsqu’il souhaitait mettre fin au « bloc contre bloc ». Voilà que le nouveau président fait mine de l’appliquer... en écartant tout proche du président du Mouvement démocratique.

Pour l’opinion publique « travaillée » et scrutée depuis cinq longues années, et qui forge essentiellement ses idées suite à ses lectures, écoutes ou visions de médias proches du pouvoir, l’illusion n’est pas perceptible.

Pourtant, là encore, une telle stratégie excellemment menée a un effet néfaste : le renversement implicite, camouflé, travesti de la démocratie en France. Ce que souhaite Nicolas Sarkozy s’apparente au contrôle et au pouvoir absolus. En mettant en exergue son ouverture, il parvient en réalité à enfermer l’ensemble des positionnements idéologiques entre ses mains. Sa stratégie a pour objectif de décrédibiliser totalement le Parti socialiste et a lui laisser un minimum de sièges à l’Assemblée nationale. Monsieur Sarkozy forme doucement mais sûrement un régime à parti unique, l’UMP - dont il n’a pas délégué la présidence -, qui comprendrait un prétendu « pôle centre », et un supposé « pôle gauche » à côté d’une droite dure et décomplexée, qui en réalité mènerait la danse.

« C’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie »

Pour conclure, je voudrais simplement citer Alexis de Tocqueville qui dans la première moitié du XIXe siècle écrivait :

« (...) Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.

« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie (...) ».

Nicolas CADENE

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Lundi 28 mai 2007

Pour la troisième édition de la Journée de solidarité avec les personnes âgées et handicapées, la France sera divisée lundi entre ceux qui profitent d'un week-end prolongé et les autres qui travaillent.


La troisième édition de la Journée de solidarité avec les personnes âgées et handicapées devrait à nouveau couper la France en deux lors du lundi de Pentecôte, partagé entre ceux qui profitent d'un week-end prolongé et les autres qui travaillent.

Selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui gère les fonds recueillis à l'occasion de la journée de solidarité, deux milliards d'euros sont collectés chaque année, dont 60% destinés aux personnes âgées et 40% aux personnes handicapées.

"Au-delà du caractère stigmatisant de cette mesure et de son côté 'charité publique', tous les acteurs s'accordent sur son insuffisance à répondre véritablement à l'ensemble des besoins de financement en la matière, même si elle a permis de dégager des moyens nouveaux", estime tout de même la FNATH, association des "accidentés de la vie", qui réclame la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour financer la perte d'autonomie.

Contribuer autrement

Après la pagaille de la première édition de cette journée, lors du lundi de Pentecôte 2005, marqué par de multiples appels à la grève lancés par les syndicats, le système a été assoupli. La Journée de solidarité est désormais fixée par accord collectif ou, à défaut, le lundi de Pentecôte.

Il est ainsi possible de contribuer au dispositif un autre jour, par exemple en faisant sauter une journée de réduction du temps de travail (RTT) ou de répartir les sept heures de travail sur l'année ou en deux demi-journées. Résultat: chacun fait un peu comme il veut en fonction des accords d'entreprises ou des branches, ce qui n'a pas franchement simplifié la situation et promet à nouveau une belle cacophonie.

Les parents qui travailleront lundi devront ainsi trouver une solution pour faire garder leurs enfants. En effet, la Fonction publique ne donnant pas l'exemple, l'ensemble des établissements scolaires seront fermés, à charge pour les enseignants de récupérer cette Journée de solidarité sur un jour de congés ou sur deux demi-journées.

La question des transports

Côté transports, à la RATP, le lundi de Pentecôte sera travaillé, avec un service assuré "comme n'importe quel jour de la semaine", explique-t-on à la direction de la régie. A la SNCF, le trafic sera assuré comme celui d'un samedi. A charge pour chacun, parmi les cheminots, de s'acquitter de cette Journée de solidarité "un autre jour dans l'année, en fonction des besoins locaux", selon la direction.

Dans le privé, les entreprises qui travailleront devront patienter pour faire effectuer leurs livraisons à travers la France, puisque l'interdiction de circuler les jours fériés pour les poids lourds de 7,5 tonnes sera maintenue, contrairement à la première édition en 2005.

La CFTC appelle "à la résistance civique"

Au milieu de cette confusion, les syndicats ont redonné de la voix. La CFTC appelle dans un communiqué "à la résistance civique" et dépose un préavis de grève nationale, tous secteurs confondus, pour "couvrir les salariés". L'organisation syndicale explique poursuivre "son combat en faveur d'une autre manière d'envisager la solidarité qu'en imposant une journée non rémunérée aux salariés".

"Alors que ce gouvernement n'a plus qu'un slogan à la bouche 'travailler plus pour gagner plus', il n'hésite pas à reprendre à son compte un dispositif qui revient, pour tous les salariés, à 'travailler plus pour ne rien gagner'", dénonce pour sa part la CGT qui, comme chaque année depuis 2005 "demande l'abandon pur et simple d'un tel dispositif injuste et inefficace".

Xavier Bertrand a promis "une évaluation"

"Malgré l'élection d'un nouveau président de la République, les travailleurs n'ont pas obtenu la grâce présidentielle pour le lundi de Pentecôte", ironise de son côté FO, estimant qu'il s'agit de "travailler plus pour gagner moins". Et de "dénoncer cet allongement du travail qui, sous prétexte de solidarité à la prise en charge de la dépendance et du handicap, est très injuste et ne repose que sur les salariés".

De son côté, le ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité Xavier Bertrand a promis mardi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France "une évaluation pour faire le point sur les modalités d'application et voir ce qui peut être amélioré". "Les choses s'améliorent d'année en année", assure-t-il. "Mais en aucun cas le principe ne sera remis en cause".

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Lundi 28 mai 2007
Par Laure ESPIEU Libération
QUOTIDIEN : lundi 28 mai 2007
 
 
Ce soir-là, il portait une veste noire. «Zippée, explique bien l'avocat, et fermée jusqu'en haut du col qui lui remontait sous le menton». C'était la nuit du 6 mai, celle du second tour de la présidentielle, et Anthony Lavielle, 20 ans, participe aux manifestations spontanées. Ils sont 2 000 devant la mairie, à Bordeaux. Il est là quand les heurts s'engagent avec les forces de l'ordre. «A l'écart», soutient-il. Il est encore là quand commence la vague d'interpellations. Et il n'y coupe pas. La sienne sera même filmée par les caméras de France 3.
Déféré en comparution immédiate comme une quinzaine d'autres jeunes, Anthony doit être jugé le 7 juin pour coups et blessures. Sauf que voilà, tous les procès-verbaux l'indiquent : les forces de police ont reconnu Anthony à son «haut blanc». «Il y a manifestement erreur sur la personne», conclut l'avocat du jeune homme, Gérard Boulanger. Et pour le prouver, il a besoin du reportage de France 3. Celui-là même où Anthony apparaît entouré de policiers et vêtu de sa fameuse veste noire. Problème : les responsables du bureau Aquitaine refusent obstinément de produire le document. Charte de la propriété intellectuelle à l'appui, ils maintiennent que le reportage ne peut être dupliqué que dans un cadre exclusivement «privé», et «en aucun cas pour servir à des fins judiciaires». 
Assignée jeudi en référé pour une procédure d'urgence, la chaîne a obtenu gain de cause du tribunal, qui a rejeté la demande de l'avocat, se déclarant «incompétent». C'est donc sans la cassette qu'Anthony comparaîtra devant le tribunal correctionnel. «Pour le parquet, il n'est pas légitime d'établir la vérité, en déduit Me Boulanger. Il s'agit à tout prix de ne pas permettre la contradiction avec ce qu'avance la police.» 
Pourtant, l'avocat reconnaît aussi que s'il est «un indice très fort», le reportage ne constitue pas «une preuve absolue». Car sous sa veste noire Anthony portait bien un tee-shirt blanc. Les policiers l'ont-ils effectivement reconnu, ou l'ont-ils décrit tel qu'il dormait sur sa couchette de garde à vue, son blouson posé à ses pieds, comme veut le croire Anthony ? Les juges trancheront le 7 juin.

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Lundi 28 mai 2007

A bientôt, Alain


Cherchez l’erreur ! il est intéressant de rapprocher ces 2 sondages quasi simultanés et de penser que ce sont les mêmes qui répondent.. aux questions de l’IFOP et du CSA...

Les Français sont satisfaits de N. SARKOSY en début de mandat (IFOP) Soixante-cinq pour cent des Français sont satisfaits de Nicolas Sarkozy comme président de la République, tandis que 62% sont satisfaits de la nomination de François Fillon, selon un sondage IFOP pour le Journal du dimanche. 23% sont "très satisfaits" et 42% "plutôt satisfaits" du chef de l’Etat, soit un total de 65% qui fait de Nicolas Sarkozy le président le plus populaire juste après sa prise de fonctions

Les Français majoritairement contre la franchise sur les soins de santé. (CSA) Roselyne BACHELOT révèle que 4 franchises de 10 euros par foyer seront mises en place en 2008. Cela concerne les consultations, les médicaments, les analyses médicales et l’hospitalisation. Dans un sondage CSA publié par le Parisien ce lundi, 61% des Français estiment que cette mesure est "plutôt une mauvaise chose", confirmant l’opposition au projet que le Président de la République avait présenté lors de sa campagne. ? Les insatisfaits sont plus nombreux chez les employés (65%), les ouvriers, chômeurs (69%) et les professions intermédiaires (72%) que chez les cadres et professions libérales (55%). Roselyne Bachelot a cependant assuré que des "garde-fous" seraient mis en place, afin de permettre aux plus faibles revenus d’accéder aux soins.


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