
Lucien STANZIONE, maire d’Althen des Paluds, nous a reçu à la salle Tramier (salle des fêtes), pour ce 1er débat participatif dans la circonscription, organisé sous la responsabilité de Jacques HELIE, responsable du comité désirs d’avenir de Carpentras et présidé par le Président du Conseil général de Vaucluse, président du comité de soutien de Ségolène ROYAL au niveau du département.
L’animateur est Olivier FERRAND, adjoint au maire de Paris, professeur à sciences politiques à Paris. Dans un premier temps, Olivier F. présente le diagnostic de la situation et les premières propositions de Ségolène ROYAL. Une première affirmation est posée, le pouvoir d’achat baisse et, les statistiques reflètent mal ce problème. Ensuite, le logement constitue 30% des dépenses, l’alimentation 15%, l’énergie et le transport 20%, les dépenses de santé sont en forte augmentation. La conversion à l’euro a également pesé sur les prix avec les problèmes d’arrondi. Par aileurs, les revenus sont précaires et les taxes augmentent.
Les propositions sont :
ì Augmenter le pouvoir d’achat,
ì Le SMIC à 1500 euros, accompagné d’un « grenelle » de l’ensemble des salaires,
ì Réglementer les contrats précaires (à l’opposé de la droite qui veut généraliser le CPE) par un système de bonus/malus avec les entreprises,
ì Révision du système des retraites,
ì Mettre en place des impôts plus justes (rapport DSK),
ì Maîtriser les prix : des loyers, de la filière agricole, de la facture énergétique,
ì Arriver à une sécurité sociale plus juste.
Déroulement du débat
Une première intervenante liste une série de propositions. Tout salaire doit pouvoir permettre de vivre décemment ; il faut rendre inéligible les maires qui ne respectent pas la loi SRU ; supprimer les aides à l’embauche ; remettre à plat les allocations familiales….
Ensuite, il est demandé que l’on soit clair avec les salaires (1500 euros brut correspondent
A 1200 euros nets), préciser si on parle en brut ou net. Les tranches de l’impôt doivent revenir comme avant.
Le délégué fédéral du MJS (mouvement des jeunes socialistes) déclare que les jeunes sont gravement touchés (18% des lycéens sont obligés d’être salariés pour poursuivre leurs études) ; il en ressort qu’il faut instaurer rapidement une allocation autonomie dès l’âge de 16 ans.
Dans un tout autre domaine, un nouvel intervenant demande d’arrêter les déremboursements de la sécurité sociale ; réduire les dépenses énergétiques ; économiser ; développer les énergies renouvelables : 7% maintenant, 20% d’ici 2012 (protocole de Kyoto) et, une volonté politique d’arriver à 50% d’ici 2050.
Olivier F. prend la parole, pour apporter des précisions aux premières propositions. Aujourd’hui, le « trou » de la sécu représente 30 milliards d’euros alors que, l’équilibre avait été trouvé sous la gauche ; les dépenses ne sont plus maîtrisées (ex : augmentation du revenu des médecins) ; les déremboursements sont de plus en plus nombreux ; le creusement du déficit est dû aussi aux retraites : il y a vingt ans, il y avait 4 actifs pour une retraite, aujourd’hui il y a 2 actifs pour une retraite ; il faut donc trouver une solution : plafonner les retraites, les repousser ; la proposition est une négociation collective pour trouver un consensus.
Le débat reprend ensuite dans l’assistance ; les problèmes de famille monoparentale surtout avec un enfant qui sont bien souvent en situation précaire, en difficulté pour joindre les deux bouts ; la CSG doit être généralisée, le travail est actuellement plus exposé que les autres revenus. Les entreprises qui délocalisent doivent rembourser les aides qu’elles ont reçues.
Les transferts de compétence entre l’état et les collectivités locales n’ont pas été compensées par les transferts de charge ce qui a fait augmenter les impôts locaux qui sont les plus injustes et les plus inégalitaires (par exemple les impôts locaux sont moins chers à Paris qu’en banlieue) ; un intervenant propose de financer davantage les constructions de logements privés, mais les lois Besson et Borloo n’ont pas eu d’effet.
Réquisitionner les logements vides depuis plus de deux ans. Il est abordé ensuite le problème des agriculteurs, avec un taux de suicide important. Il est souvent évoqué dans la région et dans l’agriculture, par rapport aux fruits et légumes, le coefficient multiplicateur ; la fonction du coefficient multiplicateur étant de servir à encadre les marges commerciales et, à favoriser les agriculteurs pour l’écoulement de leur production en compensant les variations du marché.
Actuellement, ce décret n’est toujours pas appliqué ; les paysans perdent 1/3 de leur revenu ; il est aussi soulevé que beaucoup de paysans sont au RMI ; au niveau européen, il est dit qu’il va falloir harmoniser, négocier en 2008 (présidence européenne donnée à la France). Une suggestion, au niveau du logement, il est souhaité lors de la construction de logements privés, de prévoir un quota réservé aux logements sociaux (20%).
Suite à toutes ces demandes et interrogations des participants dans la salle, Olivier FERRAND, adjoint au maire de Paris, prend la parole pour apporter des précisions.
Comment on finance ?
ì Retrouver la croissance
ì Réorientation du budget : si on regarde les entreprises è aides publiques de 65 milliards d’euros alors que souvent elles font des bénéfices. D’ores et déjà 4 milliards d’euros peuvent être réinjectés dans le budget (au Canada, ils ont vu à la baisse leurs aides de 50%)
Comment les entreprises financent ?
ì Impossible de le faire en prenant modèle sur la Chine ou l’Inde ; il faut prôner la qualité : économie de la croissance, de la recherche, de l’innovation
Les retraites : il faut tout remettre à plat et négocier avec tous les partenaires sociaux ;
Logement : au niveau logement, plus de demande que d’offre : il faut inverser la vapeur ; il faut construire des logements pour tout le monde èdévelopper le logement social èimposer au promoteur de logement privé d’introduire 20% de logements sociaux è légaliser la réquisition des logements inoccupés depuis plus e deux ans
SYNTHESE FINALE A FAIRE REMONTER A SEGOLENE
De manière synthétique :
ì Il faut que le financement des mesures soit plus explicite ; la salle est inquiète du niveau atteint par la dette
ì Le SMIC : il faut que çà soit plus explicite ; conséquences sur les autres bien exprimées
ì Un indice des prix fiable (l’indice des prix à la consommation n’est pas un indice de coût de la vie ; il faut créer un nouvel indice)
ì Revoir le pouvoir de l’image, son utilisation
ì Quid des aides publiques sur les petits salaires è à revoir
ì Décourager les délocalisations è remboursement des aides, entre autres
ì Rééquilibrer le balancier impôts locaux – impôts sur le revenu
Ensuite, la soirée s’est terminée autour d’un verre de l’amitié où le débat a pu se poursuivre ;
Soirée très enrichissante dans le débat démocratique, bonne approche de la démocratie participative. Nous remercions les citoyens présents (aux alentours de 200 participants) pour la qualité des débats et, pour avoir accepté le jeu de la démocratie participative qui dorénavant sera le fer de lance de la politique avec et à l’écoute des citoyens.
Vous pouvez visionner le débat sur le site : http://www.allocarpentras.com/
A bientôt,
Alain (vous pouvez faire des commentaires et poser des questions j’y répondrai)