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Vendredi 3 août 2007



Environnement, la droite hypocrite
La pollution des eaux bretonnes est l’incarnation des défaillances de la majorité sur le développement durable.
Par DANIELLE BOUSQUET, députée des Côtes-d’Armor (PS), députée de Moselle (PS), député du Gers, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable et de l’agriculture., AURéLIE FILIPPETTI, députée de Moselle (PS), député du Gers, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable et de l’agriculture., Philippe Martin, député du Gers, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable et de l’agriculture.
 
«L e contentieux communautaire se développe à un rythme sensiblement supérieur à celui de la résorption des nitrates [.] et il semble que le risque juridique se double désormais, par le jeu des astreintes, d’un risque financier.» A la lumière des menaces qui pèsent sur la France depuis que la Commission européenne a demandé sa condamnation à une amende de 28 millions d’euros, avec astreinte de 117 000 euros par jour, pour non-respect de la qualité sanitaire des eaux en Bretagne, cette alerte lancée en février 2002 se révèle prémonitoire. Elle n’émanait pourtant pas d’une association militante, mais de la très sérieuse Cour des comptes, dans un rapport public consacré à «La préservation de la ressource en eau face aux pollutions d’origine agricole.» Le ministre de l’Agriculture a demandé du temps, comme d’habitude, et a proposé d’engager de nouvelles dépenses. Dans ce domaine, pour le moins, la rupture n’aura pas lieu. Pourtant, c’est peu dire que le feuilleton hydraulique breton a assez duré. A force d’illustrer les impasses d’un modèle de développement qui aboutit à stigmatiser bien malgré elle une région et sa population, mais aussi en raison d’une politique coupable de ne pas entendre les avertissements venus de toutes parts, la question des eaux bretonnes ferait figure de tragi-comédie si l’enjeu n’était pas d’une gravité majeure.
 
     
     
 
Faisant écho aux critiques de la Cour des comptes, et confronté aux premières condamnations européennes, le gouvernement de Lionel Jospin avait engagé à l’Assemblée nationale, en février 2002, une réforme courageuse des lois sur l’eau, donnant enfin tout son sens au principe «pollueur payeur». Le texte de loi, présenté par Yves Cochet et adopté en première lecture, n’ayant pu, du fait du calendrier électoral, être examiné par le Sénat, la suite est connue. Jean-Pierre Raffarin, à peine arrivé à Matignon, interrompait net le parcours parlementaire du projet de loi voté q uelques semaines plus tôt, avec la bé nédiction de sa ministre de l’Environnement Roselyne Bachelot. Incapable de proposer un texte à même de répondre efficacement aux insuffisances dénoncées depuis plus de vingt ans par tous les acteurs de terrain et les plus objectifs des experts, la majorité du moment s’est contentée d’une transposition à minima des principes de la directive-cadre européenne sur l’eau, démontrant s’il le fallait que les principes ambitieux affichés par la charte de l’environnement ne servent que d’alibis à une droite peu soucieuse de leur mise en œuvre.
En matière d’environnement, les années 2002-2007 ont été des années perdues: abandon de la stratégie nationale de développement durable préparée pour le sommet de Johannesburg et remplacement par un Plan climat dépourvu de toute mesure contraignante, affaiblissement politique sans précédent du ministère chargé de l’Environnement dont les crédits d’intervention ont chuté de 37 % en 2006, acceptation d’une politique agricole commune exclusivement productiviste, extension des cultures polluantes au prétexte d’encouragement des agrocarburants, refus d’un débat parlementaire sur les OGM, lancement de l’EPR sans débat public digne de ce nom ni perspectives crédibles pour les énergies renouvelables, discrédit international avec l’équipée du Clemenceau vers la baie d’Along au mépris de la convention de Bâle sur les déchets dangereux.
Le tout couronné par un nombre record de condamnations par la Cour de justice européenne pour non-transposition des directives sur l’environnement ou non-respect des objectifs de dépollution et de préservation de la biodiversité. Cinq ans de perdus qui ne se rattraperont ni en quelques mois ni en quelques mots. La Commission européenne l’a bien compris, qui vient d’engager une action dans l’intérêt général et celui, bien sûr, de la Bretagne. Brandir, comme le fait la droite depuis trente ans, l’argument commode de l’économie et de l’emploi pour perpétuer des pratiques dont la grande majorité de nos concitoyens ne veulent plus, c’est avoir une singulière conception du «développement durable». Et l’on hésite entre le rire et les larmes en apprenant que face à la dégradation des eaux bretonnes, le gouvernement se contente de proposer à la Commission européenne de fermer quatre points de captage !
La politique de l’eau sera le «marqueur» de la sincérité ou de l’hypocrisie du gouvernement en matière de développement durable. Si Jean-Louis Borloo, Michel Barnier est Nathalie Kosciusko-Morizet, désormais coresponsables de ce dossier, entendent convaincre nos concitoyens que le développement durable nécessite aussi des ruptures, ils devraient annoncer sans délai la suspension de toute nouvelle autorisation d’installation d’élevages en Bretagne, et s’engager à mettre en œuvre l’ensemble des recommandations formulées en leur temps par la Cour des comptes, les associations bretonnes et la Commission européenne.
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Vendredi 3 août 2007


 
Le 4 août 1987 était présenté à l’ONU un rapport fondateur : «Notre avenir à tous».
Par Mathieu Baudin, enseignant, chercheur en prospective, et Thierry Libaert, maître de conférences à Sciences-Po.
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Le 4 août 1987, une révolution douce s’amorçait. Il y aura vingt ans jour pour jour demain, le terme de «développement durable» s’officialisait devant l’Assemblée générale des Nations unies par la présentation du rapport du Premier ministre norvégien, madame Gro Harlem Brundtland. Il est certes toujours possible de repérer l’expression dans d’autres documents antérieurs, mais chacun s’accorde à reconnaître le rapport «Notre avenir à tous», dit le rapport Brundtland comme le document fondateur du développement durable. L’expression fut vraiment popularisée à partir de juin 1992 à l’occasion du sommet de la Terre à Rio de Janeiro, lui-même conséquence dudit rapport qui en définissait les contours.
 
     
     
 
C’est donc un anniversaire majeur que nous pouvons célébrer car, si la dénomination «développement durable» reste un peu absconse pour l’opinion publique, elle fait aujourd’hui l’objet d’un large consensus auprès des parties prenantes. Car le développement durable portait en lui les germes d’une transformation profonde : il reconnaissait l’égalité et l’interdépendance des sphères sociale, environnementale et économique, ouvrait nos perspectives sur le long terme et l’intégration des générations futures, et apportait un véritable mode de gouvernance au travers de ses trois piliers, les principes du «pollueur payeur» et ceux de prévention et de précaution.
Même si le terme fait toujours l’objet de critiques et d’une sur­­utilisation par les communicants d’entreprise, force est de reconnaître que ses impératifs furent largement intégrés dans l’entreprise, par éthique peut-être, par conviction sans doute, mais certainement aussi par intérêt bien compris d’un nouveau rapport de forces entre actionnaires, financiers, ONG, société civile et médias, chacun ayant un motif de veiller à la bonne application des principes du développement durable. Nous assistons donc à un curieux paradoxe : au moment où, enfin, le développement durable trouve sa pleine légitimité, l’équilibre dont il est intrinsèquement porteur n’a jamais été autant remis en question. En effet, un de ses apports majeurs était l’acceptation de l’égalité des trois sphères. Or on constate que non seulement la sphère sociale s’effiloche de plus en plus et se réduit au saupoudrage de quelques paramètres d’égalité homme-femme dans les échelons de direction d’entreprise, agrémentés d’un peu de diversité culturelle ; mais qu’en outre la sphère environnementale se réduit elle aussi pour se confondre de plus en plus avec la seule préoccupation de changement climatique.
Loin de nous évidemment l’idée de minimiser celle-ci, mais force est de constater que ce brise-glace médiatique de notre atermoiement, éclaireur de conscience à coup de plaies météorologiques, se retrouve malgré lui le résumé simplifié d’une idée qui posait à l’origine beaucoup plus de questions sur notre système de développement. Et voir quelques entreprises nommer des interlocuteurs «climat» dans des structures de gestion du risque ou dans des directions commerciales sans connexion avec les directions du développement durable, en vertu de reventes potentielles de quotas de carbone, loin d’une bonne nouvelle, apparaît par trop comme une aberration structurelle. Il faut donc sauver l’esprit du développement durable qui, en dépit de son caractère sans doute trop englobant, souvent porteur de confusion, représente aussi la chance de réduire les cloisonnements dans des frontières normatives trop étanches.
Le développement durable n’est pas juste un mode de production économique comme a voulu le faire croire le sommet de Paris en février 2007 baptisé «sommet de la croissance écologique» afin d’éviter le mot de développement durable. Il est une occasion unique de retrouver du sens. Et puisque nous en sommes aux célébrations, nous pourrions relier le 50e anniversaire du traité de Rome au 20e anniversaire du rapport Brundtland et au 10e anniversaire du protocole de Kyoto, tant le développement durable peut représenter pour l’Europe l’incarnation moderne de sa vision mondiale, une troisième voie multipartite, tempérante et raisonnée qui se propose comme modèle entre la foi inébranlable et aveugle dans le progrès de ses alliés américains et l’envie irréfrénable de croissance de ses clients chinois et indiens. Déjà inscrit en substance dans le traité de Maastricht (1992), explicitement affirmé dans les traités d’Amsterdam (1997) et de Nice (2000), la Constitution européenne faisait du développement durable le troisième objectif affiché de l’Union après la paix et la liberté, et c’est sans doute un signe fort de voir travailler de concert les diplomaties britanniques et françaises à faire du protocole de Kyoto une nouvelle donne mondiale. En cette période de relance et de commémoration, il est peut-être temps de prendre prétexte de ce consensus et d’appeler à un acte symbolique fort pour l’Europe : la nomination d’un ministre européen du Développement durable. Que le premier des ministres que pourrait désigner l’Union européenne soit celui du Développement durable, il y aurait là un sujet de cohésion pour l’Europe et une affirmation de sa détermination à affronter ensemble les grands enjeux de demain. Que les 27 puissent parler d’une seule voix lorsque la planète est en question, et notamment pour les négociations qui prépareront le prochain traité sur les gaz à effet de serre, voilà qui serait aussi un beau moyen de nous réconcilier avec l’Europe.
Thierry Libaert a notamment publié : « Environnement et Entreprises - En finir avec les discours», avec Dominique Bourg et Alain Grandjean, préface de Nicolas Hulot, aux éditions Village Mondial, 2006.

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Jeudi 2 août 2007



Il n’y avait donc pas que les centrales nucléaires, ni les vacheries envers nos partenaires européens... Selon Le Figaro de ce jour :

L’homme, qui affirme que la Libye s’apprête à conclure un accord avec la France concernant notamment la livraison de missiles antichar, livre sa version des coulisses de la libération des infirmières bulgares.

Une semaine après la libération des infirmières bulgares, Saïf el-Islam Kadhafi voulait « clarifier certains points ». Pour ce faire, le fils du numéro un libyen a sollicité une interview auprès du quotidien Le Monde, au cours de laquelle il assure que Paris et Tripoli vont conclure des accords d’armement et de défense.

« L’accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr, explique-t-il. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d’euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d’armes, pour l’entretien et la production d’équipements militaires ».Visiblement réjouit, il ajoute : « Vous savez que c’est le premier accord de fournitures d’armes par un pays occidental à la Libye ?" depuis la levée de l’embargo, en 2004.

Preuve, selon lui, des bonnes relations entre la France et la Libye, "des représentants de Thalès et de Sagem sont en Libye en ce moment même". « Le colonel Kadhafi pourrait même se rendre en France pour signer les contrats en question », écrit Le Monde, qui cite Saïf el-Islam Kadhafi.

Lockerbie : l’agent libyen bientôt extradé ?

Au cours de l’entretien, le fils du colonel Khadafi livre également sa version des coulisses de la libération des infirmières bulgares. Alors que Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, a réaffirmé mardi qu’il n’y avait « pas eu de contreparties financières » versées par Paris à Tripoli lors de la libération des infirmières bulgares, Saïf el-Islam Kadhafi dit, lui, que « les Français ont arrangé le coup ». « Les Français ont trouvé l’argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l’ont trouvé », ajoute-t-il.

D’après lui, ’"aucun argent libyen" n’a été versé aux familles des enfants libyens victimes du sida. Pourtant, le 17 juillet, 461 millions de dollars ont bel et bien été versés aux familles des enfants libyens. Une avance consentie par la Libye qui devait être ensuite remboursée par « des contributions gouvernementales ou non gouvernementales » émanant de pays, d’organisations ou d’entreprises, avait assuré la commissaire européenne aux Affaires extérieures, Benita Ferrero-Waldner, la semaine dernière.

Par ailleurs, Le Monde affirme qu’il existe un autre élément que « les officiels français et européens ont préféré passer sous silence dans leurs descriptions publiques des tractations avec Tripoli » : le dossier judiciaire relatif à l’attentat de Lockerbie, qui avait fait 270 morts en 1988, pour lequel un ancien agent libyen, Abdel Basset Ali al-Megrahi, est emprisonné en Grande-Bretagne. Le fils du colonel Khadafi pense que cet agent va prochainement retourner dans son pays. "Nous allons bientôt avoir un accord d’extradition avec le Royaume-Uni. Nos gens étaient à Londres il y a un mois environ", pour en discuter, dit-il. L’évolution de ce dossier a-t-elle pu jouer un rôle dans la libération des infirmières bulgares ? « Oui », répond le fils du numéro un lybien.


Voir en ligne : Le Figaro

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Jeudi 2 août 2007

... dont doit faire preuve le président  de la république  Nicolas  Sarkozy  !  Il  ne  doit  pas oublier qu'il a été élu par les français qui attendent de lui une représentation irréprochable  sur la scène mondiale !


A bientôt, chers amies et amis,

Alain


SARKO  LA  GAFFE

La visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Sénégal, le 26 juillet, n’a pas laissé les Sénégalais indifférents. La leçon inaugurale de l’hôte de l’Elysée à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar en a choqué plus d’un. Estimant que Nicolas Sarkozy "fait la leçon aux Africains" en les tenant pour responsables de leurs malheurs, le quotidien Wal Fadjri n’y va pas de main morte pour répondre à celui qu’il a baptisé "Nico la gaffe".

Pour Wal Fadjri, Nico la gaffe, magistral devant une assemblée respectueuse, a parlé et n’a convaincu personne avec son discours. Le quotidien ne se gêne pas de le tourner en dérision : "Merci Nico la gaffe, désormais nous savons qui nous sommes et nous transmettrons la leçon aux autres ’nègres’ du coin et à ceux de la brousse. Nous te promettons de ne plus chercher à nous rendre en France, nous te promettons de ne plus parler de la colonisation, de la néocolonisation, de l’impérialisme, du nouvel ordre économique mondial, de l’Organisation mondiale du commerce, de la surveillance de nos côtes, du rapatriement de nos enfants, de ceux qui meurent en mer, de ceux qui sont bastonnés, violés et emprisonnés par tes flics. Nous te promettons de ne plus parler de l’argent des peuples africains que tu planques. Nous serons adeptes dociles de l’Eurafrique, cette balance déséquilibrée, vous en haut, nous en bas."

A l’endroit de celui qui met en avant le concept d’immigration choisie, le quotidien sénégalais constate qu’il "garde les ‘rama’ [les cerveaux] et renvoie les ’fatou’ et les ’modou’ [les Africains de base]. Et encore, la France n’est plus si intéressante que ça, note Wal Fadjri : "Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour la présence d’étrangers en France. Vois les statistiques, la France n’est plus une destination pour l’Afrique. Ni pour les études, ni pour les emplois. La France, dans moins de dix ans, n’intéressera même pas les Français. Tous les Sénégalais de France iront visiter d’autres cieux ou reviendront chez nous. Les Sénégalais du Sénégal qui, aujourd’hui, parlent plus anglais, espagnol, italien ou portugais que français, ne survoleront même pas votre pays."

Le quotidien sénégalais termine son réquisitoire sur une leçon. "Nico la gaffe, je vais te confier quelque chose : quand, pendant les vacances, un Sénégalais dit qu’il vient de France, on sait d’office qu’il a besoin d’aide. S’il vient des Etats-Unis, d’Italie ou d’Espagne, on sait qu’il peut aider sa famille, son village, le Sénégal. Alors, Sarko l’immigré, pourquoi vas-tu si vite ? Nous préférons nous rendre en Hongrie plutôt qu’en France."

Vu sur courrierinternational.com

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Jeudi 2 août 2007



La gouvernance Sarkozy : du jeu et des jeux


L’empire romain, pendant des siècles, a maintenu l’ordre social en garantissant au peuple de Rome « du pain et des jeux », le fameux Panem cirquensesque... Méthode habile : un peuple qui mange à sa faim et ne s’ennuie pas laisse volontiers les César s’entre-étriper tranquillement.

Avec Nicolas Sarozy, on a un peu tardé à s’en aperçevoir, la stratégie est encore plus subtile. c’est « des jeux et des jeux »... Du pain, on en donne peu, on en prend même à certains. Des brioches, on en donne, à ceux qui ont déjà du caviar. Mais des jeux, alors, là ! C’est la grande classe.

Ca n’arrête pas. le Fouquet’s, Rachida, Bolloré et son Yacht, Sarkozy fait du jogging, Sarkozy jette Villepin en prison (bientôt), Sarkozy fait du vélo, Cécilia libère des infirmières bulgares, Sarkozy vend du nucléaire à Kahdafi, Sarkozy sauve l’Europe, rétrécit l’Europe, sauve EADS, sacrifie Lagardère, monnaye le sacrifice de Lagardère. Sarkozy fait l’ouverture, Sarkozy défend Rachida, Sarkozy écoute Rama. il n’écoute plus Rama... Quelle importance finalement ?

La gauche proteste timidement, ou fermement, s’exaspère, tombe dans les panneaux, ou au contraire tient bon sur des valeurs fondamentales. La gauche constate que personne ne l’écoute, elle part en vacances... Quelle importance ?

Eh bien elle a bien raison de ne pas s’obstiner sur ce terrain, et bien tort de partir en vacances. Parce que tout cela, ce n’est que su spectacle. Un grand spectacle produit pour nos beaux yeux par le premier Président People de l’histoire de France. Certes, Louis XIV avant Sarkozy avait compris le lien intime qui existe entre spectacle et pouvoir, et avait su épuiser les forces de la noblesse dans un jeu de spectacle permanent et dans un infini esprit de cour. Mais Louis XIV, le pauvre, ne voulait dominer que les quelques milliers de personnes d’une noblesse agitée. Sarkozy, lui, espère entraîner, et épuiser, 60 millions de Français, c’est une autre affaire !

Et pour cela, il a pour lui une maîtrise parfaite des ressorts de la société du spectacle. les règles en sont simples :
- « qu’on nous loue ou qu’on nous blâme, c’est toujours de la réclame ». Ca c’était De Gaulle. Mais ça reste vrai. Dans l’affaire du Yacht Bolloré, par exemple, affaire à propos de laquelle Daniel Schneiderman avait commençé à sentir le piège, il ne joue peut-être pas le beau rôle, le Sarkozy. Qu’à cela ne tienne, l’important est de tenir le premier rôle, ce qu’il fait indéniablement.
- l’espace médiatique ne sait traiter qu’une affaire à la fois. L’écran de fumée, en l’occurance, n’est pas seulement un voile de dissimulation. C’est surtout une mauvaise herbe qui, insensiblement, prend la place de la bonne et ne lui laisse ni l’espace ni la lumière nécessaires à sa prospérité. Une info people empêchera une info importante de passer à l’antenne ;
- l’info la plus croustillante prendra toujours la première place. Plus c’est futile, étonnant, incongru, plus ça passera. Entre une frasque de Cécilia et une disposition technique de la loi fiscale, qui hésite une seconde. Les conversations de café du Commerce et les titres du journal télévisé choisiront toujours la première.

Et pendant ce temps là, le gouvernement travaille. Des peines plancher qui vont augmenter de 50 000 personne une population carcérale qui suffit aujourd’hui à remplir les prisons à 180 %, la baisse des droits de successions pour 5 % des Français, 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches, franchise médicale pour tout le monde, et on en oublie déjà.

Des jeux et des jeux. On comprend pourquoi.

Il ne faut pas parler de ces provocations. Il ne faut pas commenter la dernière toilette de cécilia. il ne faut pas chercher où M. Sarkozy passe ses vacances. La victoire de Sarkozy, c’est la peopolisation absolue de la politique. Sur ce terrain là, il sera toujours vainqueur. Sa défaite, c’est la politique. ce sont ses nomminations, ses projets de lois, ses arbitrages qu’il faut découvrir, derrière le voile de fumée, et combattre.

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