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Mardi 7 août 2007


Le paquet fiscal, le paquet social ... 61% des français satisfaits ... Mais où va t-on ?

Amitiés et bonne lecture,

Alain


L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (Tepa), dont le gouvernement avait déclaré l’urgence, et qui ne devrait pas subir de modifications profondes, après l’examen par le Sénat. Rarement un texte de loi aura eu si peu de choses à voir avec son intitulé car son objectif vise essentiellement à diminuer les impôts des plus fortunés plutôt qu’à traiter le problème de l’emploi.

Pour compenser cette baisse d’impôts sur le revenu, le gouvernement prévoit l’instauration prochaine d’une TVA «sociale» et compte aussi sur une hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, un accroissement des recettes de la TIPP grâce à une nouvelle hausse du prix des carburants sans oublier la création de quatre franchises médicales au 1er janvier prochain ou une nouvelle baisse programmée du montant des retraites servies en 2008...

Le "paquet fiscal"

 

Depuis le 1er janvier 2006, les impôts directs payés par le contribuable ne peuvent être supérieurs à 60 % des revenus. L’Assemblée a donné son feu vert à l’abaissement de ce seuil de 60 à 50 %. Ce dispositif, dit « bouclier fiscal », devrait s’appliquer à partir de 2008, aucun contribuable ne devant payer plus de 50 % de son revenu sous forme d’impôts directs (impôts sur les revenus, impôts locaux sur la résidence principale, ISF et même CSG et CRDS).

 

 

L’heureux contribuable pourra même demander la restitution du trop-perçu au titre des impôts payés en 2007 sur les revenus perçus en 2006. Selon le rapporteur général du budget, Gilles Garrez (UMP), 234 937 personnes sont concernées !

 

 
 

Depuis le 1er janvier 2006, les remises d’impôts s’étaient déjà élevées à 400 millions d’impôts, et 350 millions avaient bénéficié (selon le Syndicat national unifié des Impôts) à environ 16 000 ménages soumis à la plus haute tranche de l’ISF. La collectivité avait dû rembourser des sommes allant jusqu’à 620 000 euros pour un seul ménage. Avec un bouclier fiscal à 50 %, le jackpot de cette toute petite minorité grandissante sera encore plus juteux...

 

 

L’impôt de solidarité sur la fortune est ainsi vidé de son contenu, d’autant plus que l’abattement sur la résidence principale passe de 20 à 30 %. Il aurait été mal perçu, en effet, de réduire fortement ou de supprimer l’ISF, et ce projet de loi s’est donc employé à contourner cette difficulté.

 

 

Un crédit d’impôt de 20 % des intérêts d’emprunt payés à compter du 1er jour du mois suivant la date d’entrée en vigueur de la loi sera aussi ouvert aux accédants à la propriété quelle que soit la date de signature du contrat, dans la limite de 3 750 € pour un célibataire et de 7 500 € pour un couple soumis à imposition commune, limite majorée de 500 € par personne à charge. Les intérêts pris en compte seront afférents aux cinq premières années de remboursement.

 

 

Cette défiscalisation des intérêts d’emprunts pour l’achat d’une résidence principale paraît pouvoir profiter à une frange plus importante de la population. Mais ce n’est qu’un effet d’optique car le principal effet de cette défiscalisation a déjà été de faire monter encore plus les prix du marché de l’immobilier qui risquait de s’effondrer. La baisse des intérêts d’emprunts sera donc largement compensée par la hausse du prix d’achat d’une résidence principale.

 

 

En ce qui concerne les abattements sur les donations et les successions, ils seront portés de 50 000 à 150 0000 euros par enfant. L’essentiel des droits de succession disparaîtra donc. Pourtant, avant même ce projet de loi, 90 % des descendants en ligne directe ne payaient pas de droits de succession. Sous prétexte de permettre la transmission d’un capital « constitué au cours d’une vie de travail », c’est le patrimoine des plus riches qui sera préservé !

 

 

Enfin, un sous-article met fin au « lessivage des plus-values sur stock-options ». La technique révélée au grand jour grâce à Noël Forgeard, l’ex-président d’EADS, consistait à exercer ses options, puis de faire une donation à ses enfants, ce qui permettait de payer des impôts non pas sur les plus-values (41%) mais sur la donation, plus faiblement chargée. Économie garantie d’au moins 20% sur les bénéfices. Jean-Louis Borloo, le prédécesseur de Christine Lagarde, comptait interdire ce genre de manipulations. Mais la ministre a limité l’étendue de ce texte, initialement applicable aux millions de stock-options existantes. La dernière version limite l’interdiction aux stocks-options attribuées après le 20 juillet 2007. Certains fils de bonne famille peuvent ainsi remercier pour ce cadeau la ministre de l’Économie et de l’Emploi...

 

Le "paquet social"

 

 
 

Toutes ces baisses d’impôts se traduiront par une augmentation de 10 à 15 milliards d’euros annuels du déficit de l’État. Pour Christine Lagarde, ce n’est rien : « Ces baisses d’impôts relanceront la consommation et la croissance permettra, dans un deuxième temps, de diminuer le déficit. » Raisonnement simpliste car il aurait fallu en fait augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui consacrent l’essentiel de leurs revenus à la consommation et non à l’épargne... Autrement dit, il aurait fallu augmenter l’ensemble des salaires et des pensions.

 

 

Mais Nicolas Sarkozy et François Fillon comptent bien utiliser la bonne veille technique de l’augmentation des impôts indirects pour compenser ces baisses d’impôts sur le revenu. La TVA est, à ce titre, le principal impôt indirect et correspondait en 2006 à 51 % des recettes de l’État !

 

 
 
 

C’est l’impôt le plus injuste de tous avec un taux de 19,6 % sur la très grande majorité des produits de consommation et services. Pour un achat de 100 € par exemple, c’est donc près de 20 € qui sont reversés à l’État par le vendeur. Une même somme pour tous : 20 € pour un smicard, 20 € pour un PDG d’entreprise... Pour le Conseil économique et social, le taux d’effort des 10 % des ménages les plus pauvres est ainsi de 8,1 % et celui des 10 % les plus aisés seulement de 3,4% !

 

 
 

La France bat ainsi des « records » en matière de fiscalité indirecte : record d’injustice pour cet impôt identique pour tous, mais également record pour la dégradation sans précèdent du rapport impôts directs/impôts indirects. 17 % seulement des recettes de l’État sont constituées par les impôts sur le revenu contre 83 % pour les impôts indirects ! Où s’arrêtera-t-on dans la destruction programmée de l’impôt progressif républicain ?

 

 

Dans le sillage de Nicolas Sarkozy, tous les apôtres du libéralisme, députés UMP en tête mais aussi les socialistes « convenables », genre Éric Besson ou Dominique Strauss- Kahn, proposent aujourd’hui d’étudier l’option de la TVA sociale. En quoi cela consiste-t-il ? Il s’agit de majorer le taux de TVA pour le porter à 23 ou 25 %, freinant ainsi la pénétration des produits importés, la différence avec l’ancien et le nouveau taux étant utilisée pour financer la protection sociale.

 

 

La TVA « sociale » revient donc à alléger le coût du travail pour mieux résister à la concurrence internationale en abaissant les charges sociales supportées par les entreprises. Une partie du financement de la Sécurité sociale des entreprises bascule ainsi vers les ménages, via une baisse des cotisations sociales patronales et une hausse simultanée de la TVA. C’est ce qu’a appliqué notamment l’Allemagne depuis le 1er janvier 2007.

 

 
 

Mais, si le financement de la protection sociale par la TVA est contestable, l’utilisation, non avouée, d’une partie des recettes nouvelles pour renflouer le déficit de l’État ou compenser les allégements d’impôts consentis aux personnes les plus aisées, est encore plus critiquable. Car le risque est bien réel, et le doute même entretenu, sur le pourcentage d’augmentation qui varie de 1 à 5 points suivant les interlocuteurs gouvernementaux. Interrogé sur une hausse de TVA de l’ordre de 5 points, le sénateur Jean Arthuis, président de la commission des Finances du Sénat a indiqué que "l’ordre de grandeur pourrait être celui-là". Si tel est le cas, la TVA principale passerait alors de 19,6 % à 24,6 %.

 

 
 

L’État compte aussi engranger des recettes supplémentaires importantes, par l’intermédiaire de la TVA ou de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).

 

 
 

L’ouverture à la concurrence de l’électricité et du gaz va se traduire en effet par une augmentation des tarifs. Les clients particuliers, qui se feront prendre aux offres de baisse de tarif des concurrents d’EDF et de GDF, perdront ainsi tout droit aux tarifs réglementés. Quant aux industriels qui ont fait le choix d’une tarification privée, ils ont eu parfois à supporter une augmentation de près de 30 % par an. Au CHU de Besançon, la décision d’abandonner les tarifs publics a généré une augmentation de la facture de 300 000 € par an !

 

 
 

En ce qui concerne la TIPP (8 % des recettes fiscales), à chaque augmentation des prix des carburants, elle reste un moyen sûr pour l’État de récolter des recettes non négligeables... Plusieurs associations de consommateurs ont bien demandé au gouvernement de « bloquer les marges des pétroliers » et de réduire le taux de la TIPP, mais ce n’est pas Nicolas Sarkozy, chaud partisan de la hausse des impôts indirects, qui pourra aller dans ce sens.

 

 
 

Et les millions de Français qui se sont laissé embarquer dans une élection présidentielle archimédiatisée ne vont pas tarder, après avoir vu le dessus, à découvrir le dessous de l’iceberg et les mesures brutales qui vont frapper en priorité tous les salariés de ce pays.

 

 
 

Les propos de Mme Lagarde (ancienne avocate d’affaires aux États-Unis...) à l’Assemblée nationale sont à cet égard significatifs : « Allez-vous poster gare du Nord, vous verrez tous ces banquiers exilés à Londres ou en Belgique, ils n’ont qu’une envie, rentrer en France. Voilà à quoi sert notre bouclier fiscal »...

 

 

Pas un mot, bien sûr, sur l’organisation de l’Europe qui tolère en son sein tous ces paradis fiscaux qui accueillent ces « pauvres banquiers » à Londres, en Belgique, au Luxembourg ou autre principauté au nom de la liberté d’entreprendre...

 

 
 
 
Les mesures prises dans le cadre de la loi Tepa sont une tromperie sur la marchandise, et sans doute la plus grande filouterie organisée depuis de très nombreuses années. C’est aussi et surtout une redistribution des revenus à l’envers, du bas vers le haut...
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Lundi 6 août 2007






La politique gouvernementale à la lumière des écrits de cette figure historique de la gauche.

Par Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel Gauche Avenir
 
La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.
Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire. Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.
Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités. Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, «journal de la démocratie du Midi» comme elle s’appelait si joliment alors.
Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste - il se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry -, s’en prend à la réaction qui veut «accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens». Il lui oppose son projet : «Nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre» car «nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre».
Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien modéré, aurait-il voté le projet gouvernemental ? L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la «liberté universitaire» (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des «expériences» diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel. C’est toujours l’enjeu des débats actuels.
La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de «bandits tragiques» [la bande à Bonnot, ndlr] en même temps que la surexcitation des peurs. A l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale. Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981).
Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir «dépenser sa popularité» en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo ( «construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons») et qualifia un jour le code pénal de «barbare», un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?
Bien sûr, le monde a changé. Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables. Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien.
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Vendredi 3 août 2007



Environnement, la droite hypocrite
La pollution des eaux bretonnes est l’incarnation des défaillances de la majorité sur le développement durable.
Par DANIELLE BOUSQUET, députée des Côtes-d’Armor (PS), députée de Moselle (PS), député du Gers, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable et de l’agriculture., AURéLIE FILIPPETTI, députée de Moselle (PS), député du Gers, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable et de l’agriculture., Philippe Martin, député du Gers, vice-président du groupe socialiste chargé du développement durable et de l’agriculture.
 
«L e contentieux communautaire se développe à un rythme sensiblement supérieur à celui de la résorption des nitrates [.] et il semble que le risque juridique se double désormais, par le jeu des astreintes, d’un risque financier.» A la lumière des menaces qui pèsent sur la France depuis que la Commission européenne a demandé sa condamnation à une amende de 28 millions d’euros, avec astreinte de 117 000 euros par jour, pour non-respect de la qualité sanitaire des eaux en Bretagne, cette alerte lancée en février 2002 se révèle prémonitoire. Elle n’émanait pourtant pas d’une association militante, mais de la très sérieuse Cour des comptes, dans un rapport public consacré à «La préservation de la ressource en eau face aux pollutions d’origine agricole.» Le ministre de l’Agriculture a demandé du temps, comme d’habitude, et a proposé d’engager de nouvelles dépenses. Dans ce domaine, pour le moins, la rupture n’aura pas lieu. Pourtant, c’est peu dire que le feuilleton hydraulique breton a assez duré. A force d’illustrer les impasses d’un modèle de développement qui aboutit à stigmatiser bien malgré elle une région et sa population, mais aussi en raison d’une politique coupable de ne pas entendre les avertissements venus de toutes parts, la question des eaux bretonnes ferait figure de tragi-comédie si l’enjeu n’était pas d’une gravité majeure.
 
     
     
 
Faisant écho aux critiques de la Cour des comptes, et confronté aux premières condamnations européennes, le gouvernement de Lionel Jospin avait engagé à l’Assemblée nationale, en février 2002, une réforme courageuse des lois sur l’eau, donnant enfin tout son sens au principe «pollueur payeur». Le texte de loi, présenté par Yves Cochet et adopté en première lecture, n’ayant pu, du fait du calendrier électoral, être examiné par le Sénat, la suite est connue. Jean-Pierre Raffarin, à peine arrivé à Matignon, interrompait net le parcours parlementaire du projet de loi voté q uelques semaines plus tôt, avec la bé nédiction de sa ministre de l’Environnement Roselyne Bachelot. Incapable de proposer un texte à même de répondre efficacement aux insuffisances dénoncées depuis plus de vingt ans par tous les acteurs de terrain et les plus objectifs des experts, la majorité du moment s’est contentée d’une transposition à minima des principes de la directive-cadre européenne sur l’eau, démontrant s’il le fallait que les principes ambitieux affichés par la charte de l’environnement ne servent que d’alibis à une droite peu soucieuse de leur mise en œuvre.
En matière d’environnement, les années 2002-2007 ont été des années perdues: abandon de la stratégie nationale de développement durable préparée pour le sommet de Johannesburg et remplacement par un Plan climat dépourvu de toute mesure contraignante, affaiblissement politique sans précédent du ministère chargé de l’Environnement dont les crédits d’intervention ont chuté de 37 % en 2006, acceptation d’une politique agricole commune exclusivement productiviste, extension des cultures polluantes au prétexte d’encouragement des agrocarburants, refus d’un débat parlementaire sur les OGM, lancement de l’EPR sans débat public digne de ce nom ni perspectives crédibles pour les énergies renouvelables, discrédit international avec l’équipée du Clemenceau vers la baie d’Along au mépris de la convention de Bâle sur les déchets dangereux.
Le tout couronné par un nombre record de condamnations par la Cour de justice européenne pour non-transposition des directives sur l’environnement ou non-respect des objectifs de dépollution et de préservation de la biodiversité. Cinq ans de perdus qui ne se rattraperont ni en quelques mois ni en quelques mots. La Commission européenne l’a bien compris, qui vient d’engager une action dans l’intérêt général et celui, bien sûr, de la Bretagne. Brandir, comme le fait la droite depuis trente ans, l’argument commode de l’économie et de l’emploi pour perpétuer des pratiques dont la grande majorité de nos concitoyens ne veulent plus, c’est avoir une singulière conception du «développement durable». Et l’on hésite entre le rire et les larmes en apprenant que face à la dégradation des eaux bretonnes, le gouvernement se contente de proposer à la Commission européenne de fermer quatre points de captage !
La politique de l’eau sera le «marqueur» de la sincérité ou de l’hypocrisie du gouvernement en matière de développement durable. Si Jean-Louis Borloo, Michel Barnier est Nathalie Kosciusko-Morizet, désormais coresponsables de ce dossier, entendent convaincre nos concitoyens que le développement durable nécessite aussi des ruptures, ils devraient annoncer sans délai la suspension de toute nouvelle autorisation d’installation d’élevages en Bretagne, et s’engager à mettre en œuvre l’ensemble des recommandations formulées en leur temps par la Cour des comptes, les associations bretonnes et la Commission européenne.
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Jeudi 2 août 2007



Il n’y avait donc pas que les centrales nucléaires, ni les vacheries envers nos partenaires européens... Selon Le Figaro de ce jour :

L’homme, qui affirme que la Libye s’apprête à conclure un accord avec la France concernant notamment la livraison de missiles antichar, livre sa version des coulisses de la libération des infirmières bulgares.

Une semaine après la libération des infirmières bulgares, Saïf el-Islam Kadhafi voulait « clarifier certains points ». Pour ce faire, le fils du numéro un libyen a sollicité une interview auprès du quotidien Le Monde, au cours de laquelle il assure que Paris et Tripoli vont conclure des accords d’armement et de défense.

« L’accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr, explique-t-il. Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d’euros je pense. Ensuite, il y a un projet de manufacture d’armes, pour l’entretien et la production d’équipements militaires ».Visiblement réjouit, il ajoute : « Vous savez que c’est le premier accord de fournitures d’armes par un pays occidental à la Libye ?" depuis la levée de l’embargo, en 2004.

Preuve, selon lui, des bonnes relations entre la France et la Libye, "des représentants de Thalès et de Sagem sont en Libye en ce moment même". « Le colonel Kadhafi pourrait même se rendre en France pour signer les contrats en question », écrit Le Monde, qui cite Saïf el-Islam Kadhafi.

Lockerbie : l’agent libyen bientôt extradé ?

Au cours de l’entretien, le fils du colonel Khadafi livre également sa version des coulisses de la libération des infirmières bulgares. Alors que Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, a réaffirmé mardi qu’il n’y avait « pas eu de contreparties financières » versées par Paris à Tripoli lors de la libération des infirmières bulgares, Saïf el-Islam Kadhafi dit, lui, que « les Français ont arrangé le coup ». « Les Français ont trouvé l’argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l’ont trouvé », ajoute-t-il.

D’après lui, ’"aucun argent libyen" n’a été versé aux familles des enfants libyens victimes du sida. Pourtant, le 17 juillet, 461 millions de dollars ont bel et bien été versés aux familles des enfants libyens. Une avance consentie par la Libye qui devait être ensuite remboursée par « des contributions gouvernementales ou non gouvernementales » émanant de pays, d’organisations ou d’entreprises, avait assuré la commissaire européenne aux Affaires extérieures, Benita Ferrero-Waldner, la semaine dernière.

Par ailleurs, Le Monde affirme qu’il existe un autre élément que « les officiels français et européens ont préféré passer sous silence dans leurs descriptions publiques des tractations avec Tripoli » : le dossier judiciaire relatif à l’attentat de Lockerbie, qui avait fait 270 morts en 1988, pour lequel un ancien agent libyen, Abdel Basset Ali al-Megrahi, est emprisonné en Grande-Bretagne. Le fils du colonel Khadafi pense que cet agent va prochainement retourner dans son pays. "Nous allons bientôt avoir un accord d’extradition avec le Royaume-Uni. Nos gens étaient à Londres il y a un mois environ", pour en discuter, dit-il. L’évolution de ce dossier a-t-elle pu jouer un rôle dans la libération des infirmières bulgares ? « Oui », répond le fils du numéro un lybien.


Voir en ligne : Le Figaro

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Jeudi 2 août 2007

... dont doit faire preuve le président  de la république  Nicolas  Sarkozy  !  Il  ne  doit  pas oublier qu'il a été élu par les français qui attendent de lui une représentation irréprochable  sur la scène mondiale !


A bientôt, chers amies et amis,

Alain


SARKO  LA  GAFFE

La visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Sénégal, le 26 juillet, n’a pas laissé les Sénégalais indifférents. La leçon inaugurale de l’hôte de l’Elysée à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar en a choqué plus d’un. Estimant que Nicolas Sarkozy "fait la leçon aux Africains" en les tenant pour responsables de leurs malheurs, le quotidien Wal Fadjri n’y va pas de main morte pour répondre à celui qu’il a baptisé "Nico la gaffe".

Pour Wal Fadjri, Nico la gaffe, magistral devant une assemblée respectueuse, a parlé et n’a convaincu personne avec son discours. Le quotidien ne se gêne pas de le tourner en dérision : "Merci Nico la gaffe, désormais nous savons qui nous sommes et nous transmettrons la leçon aux autres ’nègres’ du coin et à ceux de la brousse. Nous te promettons de ne plus chercher à nous rendre en France, nous te promettons de ne plus parler de la colonisation, de la néocolonisation, de l’impérialisme, du nouvel ordre économique mondial, de l’Organisation mondiale du commerce, de la surveillance de nos côtes, du rapatriement de nos enfants, de ceux qui meurent en mer, de ceux qui sont bastonnés, violés et emprisonnés par tes flics. Nous te promettons de ne plus parler de l’argent des peuples africains que tu planques. Nous serons adeptes dociles de l’Eurafrique, cette balance déséquilibrée, vous en haut, nous en bas."

A l’endroit de celui qui met en avant le concept d’immigration choisie, le quotidien sénégalais constate qu’il "garde les ‘rama’ [les cerveaux] et renvoie les ’fatou’ et les ’modou’ [les Africains de base]. Et encore, la France n’est plus si intéressante que ça, note Wal Fadjri : "Tu n’as pas besoin de t’inquiéter pour la présence d’étrangers en France. Vois les statistiques, la France n’est plus une destination pour l’Afrique. Ni pour les études, ni pour les emplois. La France, dans moins de dix ans, n’intéressera même pas les Français. Tous les Sénégalais de France iront visiter d’autres cieux ou reviendront chez nous. Les Sénégalais du Sénégal qui, aujourd’hui, parlent plus anglais, espagnol, italien ou portugais que français, ne survoleront même pas votre pays."

Le quotidien sénégalais termine son réquisitoire sur une leçon. "Nico la gaffe, je vais te confier quelque chose : quand, pendant les vacances, un Sénégalais dit qu’il vient de France, on sait d’office qu’il a besoin d’aide. S’il vient des Etats-Unis, d’Italie ou d’Espagne, on sait qu’il peut aider sa famille, son village, le Sénégal. Alors, Sarko l’immigré, pourquoi vas-tu si vite ? Nous préférons nous rendre en Hongrie plutôt qu’en France."

Vu sur courrierinternational.com

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